Roland Garros vu d’un ramasseur

Mon fils m’a fait un cadeau dont je suis très fier. Ce cadeau, c’est un article qu’il a écrit et que je reproduis ici sans en changer un mot. Il parle de thèmes chers à l’entreprise tels que l’engagement et l’envie, la passion pour son travail. Il m’a semblé que son témoignage pouvait être riche d’enseignements, je le partage avec émotion.

Du 16 mai au 5 juin 2016, j’ai participé à l’édition 2016 de Roland Garros en tant que ramasseur de balles. Je m’appelle Tom, j’ai 16 ans et je vais vous raconter mon histoire.

Les sélections

Toute cette histoire débute en fin d’année 2015, lorsque je passe la première sélection pour atteindre mon rêve. Cette sélection était la plus courte, 30 minutes seulement pour évaluer notre compétence physique et voir notre potentiel au niveau des roulés. Le mercredi qui suivit, je reçus un mail pour me dire que suite à ma première sélection j’avais été retenu pour ma deuxième sélection au mois de mars 2016. Cette fois-ci, la sélection se faisait sur un week-end complet et n’était pas du tout comme la première fois. Les évaluateurs nous mirent directement en situation de match où nous devions appliquer leurs conseils au fur et à mesure. Ce week-end fut très fatigant mais très constructif pour la suite de l’aventure.

De même que pour la sélection précédente, le résultat était un mercredi. Le verdict était tombé, je venais d’être qualifié pour la dernière sélection pour devenir ramasseur de balles à Roland Garros. C’était la première fois que j’atteignais cette étape car j’avais fait auparavant 2 fois les sélections. Cette étape était la plus importante, nous n’étions plus que 96 sur plus de 1200 au départ, ils allaient retenir 72 ramasseurs de Paris sur les 250 au total qui ramasseraient à Roland Garros. Cette sélection se passait une semaine plus tard. Les évaluateurs étaient de plus en plus exigeants. Cette fois-ci la réponse se faisait attendre, 2 semaines plus tard, un mardi, 17H35, je reçus un mail m’annonçant la bonne nouvelle. Je sortais de cours de maths et cette nouvelle m’avait refait ma journée. Ca y est, j’étais officiellement ramasseur de balles de Roland Garros, il me restait plus qu’à attendre 3 semaines avant un stage de formation sur la terre battue de Roland Garros. Ce stage ne durait qu’une après-midi mais nous donnait déjà un avant-goût de ce qui allait m’arriver pendant 3 semaines.

Le 14 mai était un des jours les plus importants car nous allions récupérer nos tenues et découvrir nos vestiaires. Ce fut un moment très excitant car ça nous mettait dans le bain pour les 3 semaines à venir.

Le tournoi

Ca y est ! C’est le premier jour, le 16 mai, nous étions tous excités à l’idée de commencer notre première journée à Roland Garros. La première semaine était dédiée aux qualifications des joueurs étant classés en dessous de 150e mondial. J’ai commencé sur le court 10. Et ça y est, je rentre sur le terrain me positionne et commence à faire mon travail. J’y étais, sur un vrai court de Roland Garros, les 3 semaines étaient lancées.

A la fin de la première semaine on sentait le début de tournoi officiel, ce tournoi commença par la traditionnelle journée des enfants, que j’ai ramassé sur le Suzanne Lenglen. Ce jour, de grands joueurs étaient au rendez-vous comme Gilles Simon, Nicolas Mahut ou même encore Alizé Cornet. J’étais placé au niveau de l’entrée des joueurs. Le stade était plein, et lorsque Gilles Simon entra sur le court, le public se leva et cria, je n’avais jamais ressenti une émotion aussi forte que ce moment, j’en avais des frissons de partout ! Ce jour restera un des plus beaux jours de ma vie.

Chaque année, mon anniversaire tombe pendant Roland Garros, cette année aussi. Le lundi 23 mai, j’étais sur le court 1 et c’était les premiers tours de plusieurs français. Ce jour-là, le tournoi commençait bien pour moi et cette journée d’anniversaire restera une des meilleurs de ma vie. Et les deux semaines suivantes sont passées à une vitesse hallucinante. Moments inoubliables après moments inoubliables, émotions après émotions, Roland Garros arrivait petit à petit à sa fin.

Depuis le début, je parle des ramasseurs avec « nous » et non pas « je » car c’est une vraie aventure sociale où l’on se fait de nombreux amis partout en France. C’est aussi une aventure humaine énorme et que je souhaite de vivre à tout le monde au moins une fois dans sa vie.

Alors si vous connaissez une personne passionnée de tennis comme moi, allez sur http://www.fft.fr/roland-garros/la-quinzaine/deviens-ramasseur-de-balles-roland-garros pour pouvoir vous inscrire.

5 réflexions au sujet de « Roland Garros vu d’un ramasseur »

  1. Félicitations Tom!!! Par avoir des rêves et être capable de lutter pour les atteindre. Et rappelez-vous, comme disait le poète espanyol « caminante, no hay camino, se hace camino al andar ».
    Fred, Félicitations!!! En étant capable d’être à côté de ton fils et comprendre l’importance de ses rêves.

  2. Chapeau à ton fiston pour avoir réussi cette belle aventure. Une sorte de pèlerinage à sa manière, qui peut-être orientera une vie. Qui sait…

  3. Merci Tom pour ce magnifique récit de ton expérience. Cela nous rappelle ce qu’est la satisfaction de vivre ses rêves et que plus on a lutter pour les atteindre, plus la fierté est grande.
    Une bonne piqûre de rappel.
    Bonne réalisation du prochain !

  4. Impressionnant, j’ignorais que les phases de sélection étaient si dures et organisées autant à l’avance.
    Bravo pour avoir été au bout et pour partager cette expérience.

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